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dimanche 12 juillet 2015

L'étrange cas Origami Yoda

Auteur: Tom Angleberger
Illustrateurs: Tom Angleberger et Jason Rosentock
Traductrice: Natalie Zimmermann
Titre VO: The Strange Case of the Origami Yoda
Éditeur: Seuil
Année VO: 2010
Année VF: 2012
Nombre de pages: 157
Prix: 9.90€

Roman
Cycle 3 (CM - 6è)

Quatrième de couverture:

La marionnette en papier de Dennis a-t-elle de vrais pouvoirs? Est-elle capable de prédire l'avenir? Ou n'est-ce qu'une énorme farce?

Au collège, tout le monde s'interroge...

Mon avis:

Si j'ai acheté ce roman, c'est parce que j'ai adoré la couverture. Mais au final, j'ai mis 2 ans avant de le lire. Allez savoir pourquoi. La peur d'être déçue? Probablement...
J'ai bien fait d'attendre, car je ne m'attendais pas vraiment à ça. Je pensais lire un texte fortement humoristique, et j'ai trouvé une histoire somme toute très réaliste.
C'est un garçon qui mène l'enquête sur un de ses amis, au comportement étrange et singulier, et sur sa marionnette en origami. Le but est de savoir si les conseils d'Origami Yoda, la marionnette, sont vrais et avisés ou pas. Il donne ainsi la parole à ses amis, camarades de classe, qui ont demandé conseil à la marionnette.

En lisant le livre, un enfant s'est imposé à moi. Un élève de mon école. Un enfant particulier, qui a parfois des comportements étranges, mais qui peut surprendre par certaines de ses remarques ou réflexions, très avisées. J'ai donc été peu sensible à l'aspect comique (apporté par les illustrations principalement), mais j'ai été très touchée par cet enfant rejeté mais apprécié, via sa marionnette. Je suis quasiment sûre d'une chose, l'auteur a du rencontrer au moins un enfant particulier pour être aussi juste et réaliste sur son personnage. C'est saisissant.
Par contre, je suis un peu plus sceptique quand au vocabulaire utilisé. Le langage est assez familier, et si j'aime beaucoup la structure du roman pour un travail en classe, le niveau de langue me gène. Il est toutefois très justifié par le contexte. Ce sont des adolescents qui parlent, donc ils parlent avec leur langage.

Pour aller plus loin:

2 tomes ont été écrits par la suite: "Kraft Vador contre-attaque" et "Le secret de la Cocotte Wookie".
Je ne vous cache pas que je n'ai pas une envie folle de les lire, et que je ne les lirais probablement jamais.

Challenges:

Le challenge des 170 idées:
41 - Quelque chose de plié: le Yoda en origami.

samedi 11 octobre 2014

Arlequin ou les oreilles de Venise

Auteur: Hubert Ben Kemoun
Illustratrice: Mayalen Goust
Éditeur: Flammarion
Collection: Père Castor
Année: 2012

Album, dès le cycle 3 (voire fin cycle 2...)
26è prix des Incorruptibles: Sélection CE2-CM1

Quatrième de couverture:

Arlequin est le meilleur accordeur de Venise. Guitares, pianos, luths et violons, aucun instrument n'a de secret pour lui. Son ouïe est aussi fine que ses oreilles sont grandes; ce qui lui vaut bien des moqueries.
Un jour, un musicien très particulier lui confie son bien le plus précieux...

Mon avis:

Arlequin ou les oreilles de Venise est un bel album, qui parle de la différence aux enfants. Tout d'abord, la différence physique, avec un Arlequin aux grandes oreilles, pas bien beau et dont les gens se  moquent, mais qui ne manque pas de talent. Un accordeur hors pair, doté d'une ouïe exceptionnelle! D'ailleurs, c'est grâce à ce don qu'on lui confiera un instrument hors du commun.

lundi 25 novembre 2013

Benda Bilili!



Réalisateurs: Renaud Barret et Florent de la Tullaye

 
Documentaire

Avec les membres du Staff Benda Bilili: Roger Landu, Coco Ngambali, Djunana Tanga-Suele, Leon Likabu..
 
Sortie: 8 septembre 2010
Durée: 1h25min
Film Franco-Congolais.
 
Synopsis (Allociné):
 
Ricky avait un rêve : faire de Staff Benda Bilili le meilleur orchestre du Congo.
Roger, enfant des rues, désirait plus que tout rejoindre ces stars du ghetto kinois qui écument la ville sur des fauteuils roulants customisés façon Mad Max. Mais avant tout il faut survivre, déjouer les pièges de la rue de Kinshasa, chanter et danser pour s'évader. Pendant cinq ans, des premières chansons à leur triomphe dans les festivals du monde entier, BENDA BILILI nous raconte ce rêve devenu réalité.
 
Mon avis:
 
Un film bluffant, qui me fait relativiser sur mes soucis de petite fille pourrie gâtée...
 
Tant qu'il y a de la vie, il y a de l'espoir dit-on.
Tant qu'un homme n'est pas mort, il n'est pas fini disent-ils.
 
Ce film est une ode à la vie, à l'espoir à la persévérance. Tandis que nous, dans notre société occidentale, nous envisageons le travail comme une prison, voire de l'esclavage, qui nous empêche de vivre notre vie de famille sereinement, pour eux, le travail, c'est la vie, la liberté, l'espoir d'exister, enfin...
Le Staff Benda Bilili, c'est un groupe de virtuoses, où chaque individu qui le compose est parti avec un handicap dans la vie: que ce soit la poliomyélite, aux effets dévastateurs sur les enfants, jusqu'à une vie sociale et familiale très compliquée, isolée, où les enfants, très jeunes, doivent prendre leur envol dans l'espoir de subvenir, un jour, aux besoins de leur famille...
 
Superbe photo récupérée sur le blog de Nicolinux.
 
Malgré leurs difficultés, ils gardent le sourire, la joie de vivre, de partager, et à travers leur musique, ils nous donnent envie de danser, de rire, de croquer la vie à pleines dents.
 
J'ai eu un coup de coeur tout particulier pour Roger, qui joue du Santonge, instrument fabriqué avec une corde, un arc en bois et une boîte de conserve... Un véritable prodige, qui maîtrise son instrument comme nous ne pourrions pas l'imaginer! Nous qui nous encombrons d'instruments imposants, fragiles, tels violons, pianos... qui prenont des cours de solfège pendant des années, sans parvenir à créer quoi que ce soit, ce jeune homme, avec un mono-corde, est capable d'accorder son instrument, et de reproduire n'importe quelle mélodie entendue... Bref, cet homme (qui n'est qu'un enfant au début...), m'épate!!!
 
Un passage dans le film m'a particulièrement marquée: 2 enfants de la rue, qui suivent le groupe dans leurs déplacements, discutent. Ils parlent de l'Europe, se demandent pourquoi tout le monde veut y aller.
Et qu'est-ce que c'est l'Europe? dit l'un d'eux.
L'Europe, c'est un pays où tout le monde ne peut pas rentrer, dit l'autre. Et nous avons la chance que nos papas puissent y aller. Alors nous, avec l'héritage après, on n'aura plus de soucis ici...
(n'ayant pas pris de notes pendant la projection, ce ne sont pas les paroles exactes prononcées par les enfants, mais c'est l'idée que j'en ai retenue. C'est ce qui m'a marqué.)
 
J'ai aimé que, dans le film, les paroles des chansons soient traduites. J'aurais aimé pouvoir vous les faire partager, mais les vidéos qui circulent sur le net ne sont pas traduites en français.
Mais déjà, première traduction à faire: Benda bilili signifie Regarder au-delà des apparences en lingala... Voilà déjà qui amène à réfléchir.
 
Bref, je ne sais que vous dire, si ce n'est: courrez acheter le DVD, et le CD (Très très fort)...
Et si vous doutez encore, alors regardez la Bande-annonce, puis écoutez quelques musiques du groupe:
 
 
 
 
J'ai découvert ce film grâce à une projection, dans le cadre d'une soirée solidarité, organisée en partenariat avec les associations "L'Attitude-Terre" et "Bingo M'Zoua", et les écoles du RPI de Carbes, Fréjeville et Les Farguettes (Tarn).
Un grand merci à eux donc, pour cette superbe découverte.
Et un grand bravo aux élèves qui ont interprété des chansons en langue des signes de façon remarquable! 


mardi 22 octobre 2013

Azami - Le coeur en deux

Photo de couverture: Vanessa Ho
Éditeur: Nathan
Année: 2012

Roman

Ce récit fait partie de la sélection CM2-6ème du prix des Incorruptibles 2013-2014.

Quatrième de couverture:

Azami vit depuis toujours avec sa grand-mère un peu sorcière au pied du mont Kaïdo. Et voilà que son père lui propose de l'emmener en vacances à Paris ! Pour la jeune Japonaise, c'est le choc des cultures. Ses habits d'enfant sage forment un drôle de contraste avec les cheveux verts de Myo, l'adolescente qui l'accueille. En plus, Myo se montre détestable avec elle. Son petit ami Joan, en revanche, est bien charmant ...

Mon avis:

J'ai eu un véritable coup de cœur pour cette couverture qui m'a donné très envie d'ouvrir ce livre et d'en découvrir plus. Ce coup de cœur n'est pas du tout partagé par mes élèves, pourtant les lecteurs ciblés du roman. J'espère, la lecture du livre les séduira un peu plus. Cependant, je me demande si ils ne sont pas encore trop "enfants", pas assez "ados" pour être attirés par ce genre de couverture, et aussi par cette histoire.

Ce roman très agréable à lire, nous plonge au cœur de la culture nipponne.  Ne vous laissez pas piéger par cette quatrième de couverture qui pourrait laisser présager le roman de gare pour ados. Pas du tout!!! Comme annoncé, il y a bien dans le fond une "histoire d'amour", comme la vivent les adolescents. Car nous sommes bien au cœur des préoccupations adolescentes. Mais ce n'est pas du tout ce qui m'a séduite dans ce livre, et ce n'est pas non plus l'essentiel. Dans la première partie du roman, nous sommes en pleine campagne japonaise, auprès d'Azami et de sa grand-mère farfelue. Nous y découvrons le Japon moderne et traditionnel, les croyances et pratiques shintoïstes, les codes relationnels nippons si différents des nôtres, le rapport à la nature tout autre par rapport à ce que nous connaissons. L'aspect "magie" que certains reconnaissent au roman n'est autre que l'expression d'une culture qui vit dans un monde d'esprits, un monde qui nous échappe car nous ne partageons pas les mêmes croyances, n'avons pas les mêmes pratiques.
Ainsi, auprès des jeunes lecteurs, il est primordial d'apporter quelques connaissances sur le Japon, les religions, les pratiques, la société. Le rôle et l'importance de la nature y est tout autre, et cela saute aux yeux dans ce roman. Des films comme Princesse Mononoké, Le Voyage de Chihiro ou Nausicaä de la vallée du vent peuvent aider les élèves à appréhender certains de ces aspects.
La deuxième partie du roman se déroule à Paris, où le choc des cultures est énorme pour Azami. Les codes relationnels sont différents, les "jeunes" répondent à leurs parents, chacun exprime ses émotions, ses sentiments aux yeux de tous. Azami est perdue dans cet univers qu'elle ne comprend pas, et devra petit à petit suivre son propre chemin, en quête de sa propre identité (comme tout adolescent).
Ce roman est très bien documenté, tout à fait abordable pour le public visé (10-11 ans). J'attends maintenant les avis de lecture de mes élèves, qui, je l'espère, me surprendront par leur lecture et leur regard.

Pour aller plus loin:

Voici les bande-annonces des films cités ci-dessus:





dimanche 6 octobre 2013

Le chien avec une maison sur la tête

Illustrateur: Barroux
Éditeur: Kilowatt
Collection: Les Kilos
Date de parution: le 16 octobre 2013

Album
De la maternelle au cycle 3 (tout dépend de l'exploitation choisie)

Quatrième de couverture:

Quand un chien rencontre un petit garçon c'est le début d'une belle amitié.

Mon avis:

Un titre et une couverture atypiques attirent forcément mon attention. Alors quand c'est Ingrid Chabbert qui est la plume, et Barroux le pinceau, impossible de résister!!! Je suis d'ailleurs allée jusqu'au salon du livre de Gaillac ce week-end, pour avoir le bonheur de le découvrir en avant-première, et en plus avoir mon exemplaire unique, dédicacé par Barroux!

J'aime dans cet album la possibilité de plusieurs niveaux de lecture. Pour les plus jeunes, c'est avant tout l'histoire d'une amitié. Comment s'ouvrir à l'autre et l'accepter, alors qu'il est différent de moi, et que je ne le comprends pas forcément?
Pour des plus grands, on peut se poser la question de cette maison sur la tête de ce chien. Que peut-elle représenter? Je me demande d'ailleurs si je ne vais pas proposer le titre de l'album à mes élèves, lors du jogging d'écriture, pour voir ce que ça pourrait leur inspirer comme scénario. Je suis sûre que les écrits seraient prolifiques!
En ce qui me concerne, je ne peux m'empêcher de voir l'image de l'escargot avec sa maison sur son dos... puis s'impose à moi la vision moins simpliste des SDF, au toit mobile. Le besoin de toit s'associe alors au besoin de toi, pour nous perdre entre l'amitié, le partage et la générosité, finalement indissociables.

C'est un bel album, et une belle association entre des mots intelligents et un pinceau habile, qui nous permet de nous étonner, nous émouvoir, et nous interroger.
Les illustrations, sans aucun doute, sauront captiver les plus jeunes, pour des moments magiques entre parent lecteur et enfant découvreur, entre enseignant passionné et élève dévoré par la curiosité...

Sachant qu'Ingrid attend mon avis avec impatience, je sais qu'elle lira ces mots. 
J'ai donc une question pour toi Ingrid. Comment fais-tu pour imaginer des choses pareilles? A lire le titre, je n'ai qu'une envie: continuer par un "Ça n'existe pas, ça n'existe pas. Eh! Pourquoi pas?"

Le p'tit bonus sur lequel on ne crache pas:

Eh oui, mon exemplaire est dédicacé, voyez plutôt:

D'ailleurs, une fois de plus, je constate le naturel de Barroux comme un véritable atout de vente (voir mon article sur Ahmed sans abri, que je transfèrerai ici, sur mon nouvel espace de blog, dans les mois à venir). 
Agréable, souriant et très agréable avec les enfants. Je crois l'avoir déjà dit, mais c'est sûr, Barroux est un auteur-illustrateur que j'aurais grand plaisir à accueillir un jour dans ma classe, car je suis certaine que la journée serait inoubliable pour les enfants.

Barroux au naturel, le pinceau à la main en pleine dédicace de mon album. Oui oui, je vous l'ai dit: souriant et bavard...
Re-Barroux, frustré. Il voulait la photo où il rentre le ventre, pour être plus à son avantage... Il fait un peu "cacou" là, non? ^^
Sans oublier la belle dédicace que j'adore... Il m'avait prévenue: y en avait bien pour 15ans de séchage. Et moi, toujours aussi soigneuse, j'ai tout fait dégouliner. Ah ben bravo!


dimanche 29 septembre 2013

Les Monstres de là-bas

Auteur: Hubert Ben Kemoun
Éditeur: Thierry Magnier
Collection: Petite Poche
Année: 2012

Roman

Ce récit fait partie de la sélection CE2-CM1 du prix des Incorruptibles 2013-2014.

Quatrième de couverture:

 Premier voyage seul pour Nelson. Et à l'étranger! Sa correspondante Fubalys est aussi heureuse que lui de cette visite en encore plus jolie que sur les photos. Pourtant, à peine arrivé, Nelson sent qu'il vient de débarquer chez les êtres les plus étranges qui soient. Des monstres?

Mon avis:

Un roman minuscule, pour une baffe phénoménale. Je ne m'attendais pas à grand chose en ouvrant ce livre, si ce n'est peut-être à un récit de science-fiction... Mais là, je dois avouer, je n'ai jamais rien lu de semblable. La structure a tout de la nouvelle: un récit court, du mystère et une belle claque pour clôturer l'histoire. Mais l'étrangeté de la situation, ainsi que la réflexion induite par les mots, nous ramène vers le récit de science-fiction.

Durant tout le livre, on s'inquiète avec Nelson, on le soutient, on le plaint presque. On comprend également sa réaction, même si elle est stupide. Et pourtant... Sa peur de la différence, sa peur de l'autre nous ramènent forcément à notre propre peur. Finalement, qui n'est pas bizarre aux yeux d'un autre? Nous avons tous nos particularités, nos bizarreries, et cela fait tout notre charme. Alors pourquoi fuir notre authenticité? Autant l'accepter, la cultiver, la rechercher, car il faut de tout pour faire un monde!!!

En refermant le livre, peut-être vous direz-vous que vous vous êtes trop regardé le nombril?

C'est une lecture que je vous conseille vivement, d'autant qu'elle est très rapide, et qu'il serait dommage de se priver de ce petit joyau.
Alors à vos pages... Lisez!

samedi 28 septembre 2013

La Voix d'or de l'Afrique


Auteur: Michel Piquemal
Illustratrice: Justine Brax
Editeur: Albin Michel Jeunesse
Année: 2012

Album
Biographie de Salif Keita

Cet album fait partie de la sélection CE2-CM1 du prix des Incorruptibles 2013-2014.

Quatrième de couverture:

Près du fleuve Niger,
un enfant pas comme les autres est né.
Un enfant aux yeux un peu rouges,
un enfant noir à la peau blanche.
Honte! Malédictions!

Et pourtant, ce jour-là...
près du fleuve Niger,
le cœur de la musique est né...

La vie incroyable de Salif Keita, né albinos,
rejeté de tous et devenu un chanteur
à la voix d'or, de réputation internationale,
militant pour un monde plus généreux.

Mon avis:

Cet album est une très belle découverte. Comme à son habitude, Michel Piquemal nous offre sa plus belle écriture, pour un plongeon en plein coeur du Mali.
J'ai découvert, grâce à cet album, le talent de Justine Brax. Ses illustrations sont superbes, expressives. Les émotions y sont extrêmement bien rendues. Les couleurs, les motifs, la matières ne sont pas sans laisser penser aux tissus africains. Le petit clin d'oeil aux publicités kitsch des coiffeurs sur les murs de la ville est juste délicieux (je me souviens avoir vu ce type de posters dans des clips ou des reportages...). 

Et surtout, surtout par-dessus tout, j'ai découvert avec tristesse le lot réservé aux enfants albinos au Mali. Jamais je ne me serais douté d'une telle horreur. Probablement suis-je encore trop jeune, ou trop idéaliste. J'espère toujours qu'il est possible de respecter les différences, mais non. La différence terrorise au lieu de rassurer, elle isole au lieu de rassembler... 
Voilà donc le coeur de l'album, qui peut-être un excellent support de débat en classe, amenant la réflexion sur cette thématique qui prend souvent sens en classe. Dans ma classe, l'an passé, c'était une enfant jugée trop timide qui était rejetée. Cette année, un enfant trop distrait et une enfant trop noire sont sujets aux moqueries ou au rejet. Pour cela, nous avons décidé avec mes collègues de travailler sur le respect des différences. Cet album tombe à point.

Pour aller plus loin:

Je peux vous quitter sans vous laisser à écouter cette voix d'or... C'est donc avec ce documentaire "La différence" que je vous souhaite des échanges constructifs avec vos élèves ou vos proches.



Un condensé d'interview qui fait écho directement à cet album... A voir en classe, avec vos élèves! (bien plus court que le documentaire précédent)


dimanche 4 août 2013

Samia la rebelle

Auteur: Paula Jacques
Illustration de couverture: Bruno Pilorget
Editeur: Bayard jeunesse
Collection: Les romans de Je Bouquine
Année: 2000

Roman Cycle 3

Quatrième de couverture:

Samia ne sait ni lire ni écrire. Elle travaille avec son père, un pauvre pêcheur des bords du Nil, en Egypte. Un jour, il lui annonce son intention de la marier avec un vieil oncle. [...]

Note de l'auteur:
Avec Samia la rebelle, j'ai voulu rendre hommage aux enfants des rues qui me fascinaient quand j'étais petite. D'une vitalité incroyable, ils portent l'espoir d'une vie meilleure.

Mon avis:

Au détour du garage de mes parents, un titre m'a interpelée: Samia la rebelle. Je retourne le livre, et là, la note de l'auteur confirme: je dois absolument lire ce livre!
Ni une ni deux, me voilà lovée dans le canapé, à enfiler les pages, à me révolter, m'indigner... La colère que je pouvais ressentir au début de ma lecture était presque difficile à contenir. On sens que l'auteur parle de choses vécues, observées. Les mots sont authentiques, et nous font voyager dans une autre culture, dans un autre temps, un autre milieu de vie. Ces mots, je les offrirai sans hésiter une seconde à mes élèves, car c'est une lecture pour s'ouvrir aux autres, à la différence, et s'interroger sur la réalité des enfants, ailleurs... Le livre aura donc une seconde vie. Car après avoir été lu par ma mère, trainé sur les étagères de mes soeurs qui ont toujours préféré jouer à lire, et échoué dans le garage, il va enfin revoir la couleur des étagères, mais cette fois-ci, ce seront celles de ma classe!

Malheureusement, le livre est trop court, la fin trop brutale. Si les mots de Paula Jacques m'ont fait ressentir mille émotions, j'ai eu la sensation d'un récit tronqué. On sait comme ça se finit pour l'héroïne, mais le plus intéressant, c'est son parcours. J'ai eu l'impression de n'en avoir que les prémices, l'ébauche. Peut-être est-ce une exigence de la maison d'éditions, pour que cela corresponde au format attendu? Dans ce cas, il est fort dommage que ce texte ait été édité pour Je Bouquine... Le récit mérite d'être étoffé, son parcours d'être étayé. 
Si vous l'avez lu, votre avis m'intéresse. 
Et si Paula Jacques a l'occasion de lire ce billet, alors l'histoire de l'édition de cet écrit m'intéresse énormément!

Lecture n°1/10
Catégorie SENTIMENT

lundi 8 juillet 2013

Plastick


Photographe illustratrice: Alice Sidoli
Editeur: Où sont les enfants?
Année: 2009
 
Album poétique et philosophique
 
Quatrième de couverture:
 
Pas facile la vie d'un pas-grand-chose, la vie avec des petits riens, la vie au hasard dans les rues. Pas facile et puis tiens, une main se tend. On dirait que le ciel devient bleu.
 
Mon avis:
 
J'ai découvert cet album lors du salon de littérature de jeunesse à Albi en 2011. J'ai eu le coup de cœur pour les photos, pour l'objet en tant que tel, qui m'a immédiatement séduite. Ce n'est qu'après, quand j'ai lu le livre, que je me suis dit: "Cet album est un petit bijou!". J'étais tellement en admiration que je n'osais même pas le lire à mes élèves, persuadée que j'allais le desservir.

Je suis amoureux d'un tigre

Auteur: Paul Thiès
Éditeur: Syros
Collection: Mini Syros
Année: 2008
Première édition: 1989
31 pages
2.90€
 
Sur la liste de référence du Cycle III
niveau 1
 
Quatrième de couverture:
 
Amoureux d'un tigre! C'est pour ça que je me suis transformé en lion. On gambade ensemble sur les toits de Paris. L'amour vous fait faire des choses folles...
 
Mon avis:
 
Beaucoup d'amour et de fantaisie à travers l'imagination et le regard de 2 enfants amoureux, en proie aux préjugés sociaux et à des difficultés réelles.

lundi 22 avril 2013

Ferdinand et ses micropouvoirs

Auteur: Héléna Villovitch
Illustration de couverture: Stéphanie Blake
Éditeur: L'école des loisirs
Collection: Maximax
Première édition: 2011
Présente édition: 2013

Cycle 3 et début collège
Roman

Quatrième de couverture:

Mlle Mouette est vraiment chouette : dans sa classe, les huit élèves font un peu ce qu’ils veulent et progressent à leur rythme. Ferdinand n’en revient pas de s’y sentir aussi bien, lui qui jusqu’alors a fréquenté l’école en pointillé, obligé de déménager au gré des petits boulots de son grand-père. Et lorsque la minuscule main de Gaufrette se glisse dans la sienne, Ferdinand n’a plus qu’une envie : y rester le plus longtemps possible.

lundi 8 avril 2013

Petit Zizi

Auteur: Thierry Lenain
Illustrateur: Stéphane Poulin
Édition: Les 400 coups
Collection: Grimace
Année: 1997
 
Hors liste de référence
Niveau selon moi: Cycle des apprentissages fondamentaux.

Quatrième de couverture:

Jusqu'à ce matin,
tout allait très bien.
Comme tous les garçons, Martin avait un zizi, 
et ce zizi ne lui posait aucun problème.
 
Mon avis:

Autant j'avais aimé le texte de Touche pas à mon corps Tatie Jacotte, autant j'avais trouvé les illustrations très dures, brutales, voire presque terrifiantes. Mais ici, je suis complètement conquise par les illustrations de Stéphane Poulin, qui m'emmènent quelques années en arrière, à une époque je n'ai pas connu, mais qui me parlent de ce que nous avons tous vécu à l'école. 


jeudi 4 avril 2013

Agathe Saugrenu - Tome 1, Je suis un monstre!

Auteur: Valérie Vernay
Scénario: Vincent Zabus
Illustratrice: Valérie Vernay
Collection: Punaise
Éditeur: Dupuis
Année: 2007
 
Hors liste de référence
Niveau selon moi: Fin Cycle 2 - Début Cycle 3

Résumé:

Agathe sort de l'hôpital, et souffre de l'incompréhension des autres face à sa maladie: le diabète. N'arrivant pas à en parler à son entourage, elle cherche l'amitié dans le monde de la nuit. La créature qu'elle a inventé durant ses rêves, très en colère d'être dans un univers aussi lugubre, désire faire une expérience sur la fillette afin de modifier ses rêves. Agathe réussit à s'enfuir grâce à l'aide d'un petit garçon fantôme qui lui aussi est différent: il n'a pas de tête. Agathe a enfin un ami, et réussi à parler de sa maladie à quelqu'un.

vendredi 22 mars 2013

Mon papa roulait les R

Auteur: Françoise Legendre
Illustratrice: Judith Gueyfier
Éditeur: Sarbacane
Partenaire: Amnesty international
Année: 2008
 
Hors liste de référence
Niveau selon moi: Dès la maternelle

Résumé:

Une petite fille nous parle de son papa, qui roule les R mais elle ne s'en rend pas compte. Elle ne voit jamais son pépé et sa mamie, elle leur téléphone toujours. Et son papa compte avec d'autres mots, il est apatride. Il a traversé l'Europe, et la petite fille regarde dans son livre de géographie... Son papa, il a les larmes aux yeux parfois, et il a des amis dans beaucoup de pays...


 
Mon avis:

Beaucoup de douceur, d'humanité, des mots simples et porteurs de tant de sens. Un splendide album à découvrir dès le plus jeune âge, car il n'y a pas d'âge pour s'ouvrir aux autres.

 J'ai écrit cet article il y a déjà longtemps, et pourtant, l'album est resté gravé dans ma mémoire... Je regrette de l'avoir emprunté, car il fait partie des perles rares que j'aurais aimé ajouter à ma collection, et que j'aurais voulu relire avant de rééditer l'article sur ce nouveau blog.
Je trouve mon avis trop succinct, et absolument pas révélateur des émotions que j'ai ressenties en découvrant cet album. C'est ainsi que je réalise à quel point l'écriture engendre l'écriture, et que plus on prend l'habitude de rédiger, plus on a envie de le faire pour faire partager son ressenti...

 
Pistes pédagogiques:

  • Découverte du monde:
 
Fin Cycle 2: A travers des sujets d'actualité. Peut-être après avoir lu l'album, et distribué et lu le petit texte que j'ai recopié à chacun, on pourrait demander aux élèves de rechercher dans la presse des articles qui rappellent ce petit texte... Ainsi, par petits groupes, ils pourraient faire une présentation de leurs articles en expliquant pourquoi ils ont choisi ce thème, cet article, ce qu'ils ont compris.
Notons qu'avec cet album, il est facile de tomber dans le mélo et l'exposé des parcours de vie de chacun... Mais ce serait pointer du doigt les différences, et non les respecter pour se rendre compte que devant ces différences, nous devrions tous être égaux en droit!
Une autre activité serait de retracer le parcours du papa sur une carte, en étayant sur certains points (le Danube: les fleuves du monde; le mur de Berlin: sa construction, sa chute...)
 
  • Littérature:
 
Un écrivain raconte parfois son histoire, comme c'est le cas ici... Dans l'album, on devine que le papa vient d'un pays de l'est de l'Europe, du côté de la Russie. On découvre dans la biographie de l'auteur qu'il vient de Roumanie. Une mise en réseau avec des albums autobiographiques peut être intéressante, tel que Wahid de Thierry Lenain.
 
Pour aller plus loin...
 
Biographie de Françoise Legendre.
Site de Judith Gueyfier.

Notons le partenariat avec Amnesty International. Au dos du livre est écrit: "Parce que les différences sont encore trop souvent source de conflits dans le monde, cet album rappelle combien la diversité est un enrichissement. Amnesty International se bat contre les discriminations et pour que les personnes persécutées, notamment en raison de leurs origines, puissent être protégées, partout dans le monde."


mardi 5 mars 2013

L'enfant silence

Auteur: Cécile Roumiguière
Illustrateur: Benjamin Lacombe
Editeur: Seuil Jeunesse
Année: 2008
 
Hors liste de référence
Niveau selon moi: Cycle des approfondissements (comme toujours, tout dépend de l'exploitation qu'on en fait...)
Résumé:

L'enfant silence vit dans la maison des loups. Elle ne parle pas, et la maitresse s'inquiète. Mais elle ne peut pas parler...
 
Mon avis:

Un album poignant, tant par le texte que l'illustration. Tant de choses restent implicites.

mercredi 27 février 2013

Toi, vole!

Auteur: Eve Bunting
Illustrateur: Frédéric Rébéna
Traducteur: Fenn Troller
Editeur: Syros
Année: 2006
 
Cycle des apprentissages fondamentaux


Résumé:

Papa et moi, nous vivons dans un aéroport. Il y fait chaud, c'est mieux que la rue. Mais il faut savoir rester discret, si on ne veut pas qu'on nous mette dehors. Toujours se déplacer, ne jamais rester avec les mêmes gens, ressembler aux voyageurs... Un jour, un petit oiseau est rentré dans l'aéroport. Il était prisonnier, ne retrouvait pas la sortie. Alors je l'encourageais, pour qu'il n'abandonne pas, et il a fini par s'échapper. Mais c'est difficile. Avec mon ami, on fait des petits boulots, pour gagner un peu d'argent, comme porter les valises des vieilles dames. Moi je le garde pour papa, pour qu'il puisse avoir de l'argent pour acheter la maison. Quand maman est morte, il n'avait pas assez d'argent pour garder la maison. Alors il travaille mais ça ne suffit pas. J'ai parfois l'impression qu'on n'y arrivera jamais. Puis je repense à l'oiseau, et ça me redonne du courage...
 
Mon avis:

J'aime beaucoup cet album. Tout d'abord par le sujet traité, poignant mais pas abordé en mélodrame. Il nous rappelle que finalement, ce n'est pas parce qu'on n'en a pas la tête qu'on ne souffre pas, qu'on n'a pas besoin d'aide. Par la relation entre le père et son fils qui se soutiennent durant ces dures épreuves. Les illustrations également, au trait de peinture d'une grande douceur, et d'une certaine transparence, nous posant en spectateur de la scène, comme si nous étions derrière une vitre de l'aéroport.
 
Pour aller plus loin:
 
Ils l'ont lu: Sophie, Laura Fontanella,
SNuipp: Une sélection pour le cycle 2
Sélectionné par Lab-elle

La couleur des yeux

Auteur: Yves Pinguilly
Illustratrice: Florence Koenig
Éditeur: Autrement Jeunesse
Année: 2001
 
Cycle des apprentissages fondamentaux


Résumé:

Fati est aveugle. Ce matin, elle suit son ami Issa à la pêche. Alors que le garçon s'absente, Fati a une prise. Le sonson lui propose de le remettre à l'eau, et en échange il exaucera son vœu le plus cher. Fati ne le croit pas. Comment pourrait-elle un jour voir le monde entier de ses 2 yeux? Le sonson lui donne alors 2 de ses écailles, pour qu'elle les mette sur ses yeux. Fati le remet à l'eau et... miracle! Voilà que le monde se dévoile sous ses yeux!!! Lorsque Issa revient, il découvre que son amie a les yeux bleus. Au village, tout le monde la prend pour une sorcière. Terrifiés par cette couleur inconnue, ils la rejettent. Accompagnée de Issa, elle s'enfuit plus loin que l'horizon.
Très longtemps après, un superbe oiseau noir aux yeux bleus fait son apparition au village. Tout le monde est en admiration. Et comme rien n'arrive par hasard, peu de temps après, les 2 enfants devenus adultes reviennent. Les villageois, qui n'ont plus peur, les accueillent chaleureusement. C'est dans ce village que les deux jeunes gens donneront naissance à leurs enfants...
 
Mon avis:

D'abord attirée par l'illustration au pastel de la couverture, j'ai énormément apprécié découvrir ce récit, illustré admirablement, et écrit à la manière d'un conte oral, laissant suffisamment de mystère pour donner envie de le lire, et donnant les indices de lecture de manière subtile, pour aider les élèves à acquérir de vraies qualités de lecteur expert.
 
Quelques idées...

J'imagine aborder cet album en le découpant, afin d'inviter les élèves à envisager la suite en fonction de ce qui est dévoilé dans le texte et les illustrations, puis de vérifier en lisant la suite de l'œuvre. Le but de l'élève serait donc de découvrir les indices, et d'identifier leur source (je l'imagine ou je le devine ne suffisant bien évidemment pas, l'élève doit prouver ce qu'il avance!)
 
Associations thématiques:


  • Le handicap
- "Noir/Voir", François David, Motus
 
  • L'Afrique
- "Wahid", Thierry Lenain, Albin Michel Jeunesse
- "Moi, Dieu Merci qui vis ici", Thierry Lenain, Albin Michel Jeunesse.
- "L'Afrique de Zigomar", Philippe Corentin, L'école des loisirs.
- "L'Afrique petit Chaka", Marie Sellier, Réunion des Musées Nationaux.
- "Mon miel, ma douceur", Michel Piquemal, Didier jeunesse.
- "La Belle au bois dormant", Tahar Ben Jelloun, Seuil
 
  • La différence
- "Sentimento", Carl Norac, Bilboquet (Cycle 3)
- "L'oiseau de vérité", Jean-Jacques Fdida et Jean-Marie Machado, Didier Jeunesse