Bienvenus dans ma fourmilière, ma version en ligne et très personnelle du fameux "cahier de culture" (Petit clin-d’œil aux PE). C'est une page qui se veut personnelle avant-tout, pour partager au gré de mes humeurs ou envies, mes découvertes, mes centres d'intérêt. Cet espace est mon lieu de liberté. Je ne me contrains donc pas à publier régulièrement.
Passez me rendre visite quand ça vous chante, et n'hésitez pas à laisser un petit mot! :D
Auteur: Hubert Ben Kemoun Illustratrice: Mayalen Goust Éditeur: Flammarion Collection: Père Castor Année: 2012
Album, dès le cycle 3 (voire fin cycle 2...)
26è prix des Incorruptibles: Sélection CE2-CM1
Quatrième de couverture:
Arlequin est le meilleur accordeur de Venise. Guitares, pianos, luths et violons, aucun instrument n'a de secret pour lui. Son ouïe est aussi fine que ses oreilles sont grandes; ce qui lui vaut bien des moqueries.
Un jour, un musicien très particulier lui confie son bien le plus précieux...
Mon avis:
Arlequin ou les oreilles de Venise est un bel album, qui parle de la différence aux enfants. Tout d'abord, la différence physique, avec un Arlequin aux grandes oreilles, pas bien beau et dont les gens se moquent, mais qui ne manque pas de talent. Un accordeur hors pair, doté d'une ouïe exceptionnelle! D'ailleurs, c'est grâce à ce don qu'on lui confiera un instrument hors du commun.
Ricky avait un rêve : faire de Staff Benda Bilili le meilleur orchestre du Congo.
Roger, enfant des rues, désirait plus que tout rejoindre ces stars
du ghetto kinois qui écument la ville sur des fauteuils roulants
customisés façon Mad Max. Mais avant tout il faut survivre,
déjouer les pièges de la rue de Kinshasa, chanter et danser pour
s'évader. Pendant cinq ans, des premières chansons à leur triomphe dans
les festivals du monde entier, BENDA BILILI nous raconte
ce rêve devenu réalité.
Mon avis:
Un film bluffant, qui me fait relativiser sur mes soucis de petite fille pourrie gâtée...
Tant qu'il y a de la vie, il y a de l'espoir dit-on.
Tant qu'un homme n'est pas mort, il n'est pas fini disent-ils.
Ce film est une ode à la vie, à l'espoir à la persévérance. Tandis
que nous, dans notre société occidentale, nous envisageons le travail
comme une prison, voire de l'esclavage, qui nous empêche
de vivre notre vie de famille sereinement, pour eux, le travail,
c'est la vie, la liberté, l'espoir d'exister, enfin...
Le Staff Benda Bilili, c'est un groupe de virtuoses, où chaque
individu qui le compose est parti avec un handicap dans la vie: que ce
soit la poliomyélite, aux effets dévastateurs sur les
enfants, jusqu'à une vie sociale et familiale très compliquée,
isolée, où les enfants, très jeunes, doivent prendre leur envol dans
l'espoir de subvenir, un jour, aux besoins de leur famille...
Malgré leurs difficultés, ils gardent le sourire, la joie de vivre,
de partager, et à travers leur musique, ils nous donnent envie de
danser, de rire, de croquer la vie à pleines dents.
J'ai eu un coup de coeur tout particulier pour Roger, qui joue du
Santonge, instrument fabriqué avec une corde, un arc en bois et une
boîte de conserve... Un véritable prodige, qui maîtrise son
instrument comme nous ne pourrions pas l'imaginer! Nous qui nous
encombrons d'instruments imposants, fragiles, tels violons, pianos...
qui prenont des cours de solfège pendant des années, sans
parvenir à créer quoi que ce soit, ce jeune homme, avec un
mono-corde, est capable d'accorder son instrument, et de reproduire
n'importe quelle mélodie entendue... Bref, cet homme (qui n'est
qu'un enfant au début...), m'épate!!!
Un passage dans le film m'a particulièrement marquée: 2 enfants de
la rue, qui suivent le groupe dans leurs déplacements, discutent. Ils
parlent de l'Europe, se demandent pourquoi tout le monde
veut y aller.
Et qu'est-ce que c'est l'Europe? dit l'un d'eux.
L'Europe, c'est un pays où tout le monde ne peut pas rentrer, dit l'autre. Et nous avons la chance que nos papas puissent y aller. Alors nous, avec
l'héritage après, on n'aura plus de soucis ici...
(n'ayant pas pris de notes pendant la projection, ce ne
sont pas les paroles exactes prononcées par les enfants, mais c'est
l'idée que j'en ai retenue. C'est ce qui m'a
marqué.)
J'ai aimé que, dans le film, les paroles des chansons soient
traduites. J'aurais aimé pouvoir vous les faire partager, mais les
vidéos qui circulent sur le net ne sont pas traduites en français.
Mais déjà, première traduction à faire: Benda bilili signifie
Regarder au-delà des apparences en lingala... Voilà déjà qui amène à
réfléchir.
Bref, je ne sais que vous dire, si ce n'est: courrez acheter le DVD, et le CD (Très très fort)...
Et si vous doutez encore, alors regardez la Bande-annonce, puis écoutez quelques musiques du groupe:
J'ai découvert ce film grâce à une projection, dans le cadre d'une
soirée solidarité, organisée en partenariat avec les associations
"L'Attitude-Terre" et "Bingo M'Zoua", et les écoles du RPI de Carbes, Fréjeville et Les Farguettes (Tarn).
Un grand merci à eux donc, pour cette superbe découverte.
Et un grand bravo aux élèves qui ont interprété des chansons en langue des signes de façon remarquable!
Auteur: Michel Piquemal Illustratrice: Justine Brax Editeur: Albin Michel Jeunesse Année: 2012
Album Biographie de Salif Keita
Cet album fait partie de la sélection CE2-CM1 du prix des Incorruptibles 2013-2014.
Quatrième de couverture:
Près du fleuve Niger,
un enfant pas comme les autres est né.
Un enfant aux yeux un peu rouges,
un enfant noir à la peau blanche.
Honte! Malédictions!
Et pourtant, ce jour-là...
près du fleuve Niger,
le cœur de la musique est né...
La vie incroyable de Salif Keita, né albinos,
rejeté de tous et devenu un chanteur
à la voix d'or, de réputation internationale,
militant pour un monde plus généreux.
Mon avis:
Cet album est une très belle découverte. Comme à son habitude, Michel Piquemal nous offre sa plus belle écriture, pour un plongeon en plein coeur du Mali.
J'ai découvert, grâce à cet album, le talent de Justine Brax. Ses illustrations sont superbes, expressives. Les émotions y sont extrêmement bien rendues. Les couleurs, les motifs, la matières ne sont pas sans laisser penser aux tissus africains. Le petit clin d'oeil aux publicités kitsch des coiffeurs sur les murs de la ville est juste délicieux (je me souviens avoir vu ce type de posters dans des clips ou des reportages...).
Et surtout, surtout par-dessus tout, j'ai découvert avec tristesse le lot réservé aux enfants albinos au Mali. Jamais je ne me serais douté d'une telle horreur. Probablement suis-je encore trop jeune, ou trop idéaliste. J'espère toujours qu'il est possible de respecter les différences, mais non. La différence terrorise au lieu de rassurer, elle isole au lieu de rassembler...
Voilà donc le coeur de l'album, qui peut-être un excellent support de débat en classe, amenant la réflexion sur cette thématique qui prend souvent sens en classe. Dans ma classe, l'an passé, c'était une enfant jugée trop timide qui était rejetée. Cette année, un enfant trop distrait et une enfant trop noire sont sujets aux moqueries ou au rejet. Pour cela, nous avons décidé avec mes collègues de travailler sur le respect des différences. Cet album tombe à point.
Pour aller plus loin:
Je peux vous quitter sans vous laisser à écouter cette voix d'or... C'est donc avec ce documentaire "La différence" que je vous souhaite des échanges constructifs avec vos élèves ou vos proches.
Un condensé d'interview qui fait écho directement à cet album... A voir en classe, avec vos élèves! (bien plus court que le documentaire précédent)