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dimanche 12 juillet 2015

L'étrange cas Origami Yoda

Auteur: Tom Angleberger
Illustrateurs: Tom Angleberger et Jason Rosentock
Traductrice: Natalie Zimmermann
Titre VO: The Strange Case of the Origami Yoda
Éditeur: Seuil
Année VO: 2010
Année VF: 2012
Nombre de pages: 157
Prix: 9.90€

Roman
Cycle 3 (CM - 6è)

Quatrième de couverture:

La marionnette en papier de Dennis a-t-elle de vrais pouvoirs? Est-elle capable de prédire l'avenir? Ou n'est-ce qu'une énorme farce?

Au collège, tout le monde s'interroge...

Mon avis:

Si j'ai acheté ce roman, c'est parce que j'ai adoré la couverture. Mais au final, j'ai mis 2 ans avant de le lire. Allez savoir pourquoi. La peur d'être déçue? Probablement...
J'ai bien fait d'attendre, car je ne m'attendais pas vraiment à ça. Je pensais lire un texte fortement humoristique, et j'ai trouvé une histoire somme toute très réaliste.
C'est un garçon qui mène l'enquête sur un de ses amis, au comportement étrange et singulier, et sur sa marionnette en origami. Le but est de savoir si les conseils d'Origami Yoda, la marionnette, sont vrais et avisés ou pas. Il donne ainsi la parole à ses amis, camarades de classe, qui ont demandé conseil à la marionnette.

En lisant le livre, un enfant s'est imposé à moi. Un élève de mon école. Un enfant particulier, qui a parfois des comportements étranges, mais qui peut surprendre par certaines de ses remarques ou réflexions, très avisées. J'ai donc été peu sensible à l'aspect comique (apporté par les illustrations principalement), mais j'ai été très touchée par cet enfant rejeté mais apprécié, via sa marionnette. Je suis quasiment sûre d'une chose, l'auteur a du rencontrer au moins un enfant particulier pour être aussi juste et réaliste sur son personnage. C'est saisissant.
Par contre, je suis un peu plus sceptique quand au vocabulaire utilisé. Le langage est assez familier, et si j'aime beaucoup la structure du roman pour un travail en classe, le niveau de langue me gène. Il est toutefois très justifié par le contexte. Ce sont des adolescents qui parlent, donc ils parlent avec leur langage.

Pour aller plus loin:

2 tomes ont été écrits par la suite: "Kraft Vador contre-attaque" et "Le secret de la Cocotte Wookie".
Je ne vous cache pas que je n'ai pas une envie folle de les lire, et que je ne les lirais probablement jamais.

Challenges:

Le challenge des 170 idées:
41 - Quelque chose de plié: le Yoda en origami.

mercredi 27 mars 2013

Article 309 du code pénal du jardin

Auteur / Illustrateur: Dedieu
Editeur: Seuil jeunesse
Année: 2003
 
Cycle des apprentissages fondamentaux, Niveau 2.
Quatrième de couverture:

La loi de la jungle ne sera pas celle du jardin...

ARTICLE  309
DU CODE PENAL DU JARDIN

Tout animal qui, par duperie, tentera de s'octroyer le bien d'autrui sera passible d'emprisonnement (le coupable pourra néanmoins en être exempté en payant une caution de trois épis de maïs par mois de prison).

Résumé:

Un escargot crie "Au voleur!" (on voit sur l'image une limace...). On lui a volé sa maison et il se plaint au procureur (un crapaud). Ce dernier fait mander un coque de noix, pour qu'on lui montre où était la maison... Mais la limace ne peut pas la positionner, car ce n'est pas un escargot. Le procureur voit l'imposture, et envoie la limace en prison.
 
Mon avis:

Très vite lu, les élèves de CP peuvent le lire seuls dès la fin de l'année (ou en début de CE1). Sinon, en début d'année, la lecture peut-également être envisagée, avec un travail spécifique de déchiffrage, découverte d'un son nouveau, bien ficelé par l'enseignant. Dans ce cas, on peut craindre que les élèves soient moins concentrés sur les intérêts littéraires. Ainsi, je redoute la lassitude des élèves, à trop insister sur l'album, et à y passer trop de temps.
J'aime l'humour de l'album. On se demande si la limace peut vraiment se faire passer pour un escargot, ou si ce sont nos yeux qui nous trompent... Je pourrais sur ce point le rapprocher de "Mon chat le plus bête du monde" de Bachelet.
Par contre, je n'ai pas bien compris l'intérêt d'avoir la page de droite en couleur, et la page de gauche en noir et rouge... Cette page en noir et rouge représente-t-elle le mensonge? Cela me semble une interprétation possible, d'autant qu'à la fin, la limace en prison d'herbes se trouve sur la page de droite (en couleurs), alors que la page de gauche représente la prison en herbes... Finalement, ce ne sont pas non plus de vrais barreaux, ni une vraie prison.
 
Pistes de travail en classe:

  • Débat interprétatif:
 
"Selon-vous, le procureur a-t-il raison d'envoyer la limace en prison?" Ainsi, on peut aborder la notion de "règle", de "punition", de "jugement", afin de savoir quelles sont les solutions possibles dans ce cas-là. Peut-être même ouvrir le débat sur le mensonge, afin de savoir si oui ou non on a le droit de mentir.
Attention, ce n'est pas ici un discours politique où l'enseignant doit se positionner pour dire si oui ou non le mensonge est mauvais. Il s'agit surtout d'écouter les différents points de vues, et d'amener les enfants à faire des choix moraux, ou à y réfléchir, pour qu'ils se construisent eux-mêmes. L'intérêt de ces questions, c'est qu'il n'y a pas vraiment de réponse. Non, ce n'est pas bien de mentir parce que... et oui c'est bien de mentir parce que... La prison est injuste parce que... On doit punir la Limace parce que... etc...
La symbolique des animaux dans le récit:
Pourquoi la Limace est la menteuse?
Pourquoi le crapaud est le magistrat?
Pourquoi les mantes religieuses sont les soldats?
Pourquoi les fourmis sont les ouvriers?
Un travail d'observation des animaux peut-être fait, soit à travers des documentaires, soit à travers des élevages...
Pour aller un peu plus loin, on pourrait essayer de rajouter des personnages dans l'histoire. 
 

lundi 25 mars 2013

Les carnets blancs

Auteur: Mathieu Simonet
Éditeur: Seuil
Année: 2010
 
Le petit blabla de l'éditeur:

"Il s’agit d’un projet littéraire très singulier : l’auteur tient depuis son enfance des carnets intimes, où il raconte ses relations familiales et sentimentales. Ses carnets, il les détruit, de diverses manières, en les donnant à des artistes pour qu’ils en fassent des sculptures, à des vidéastes, à des cuisiniers, à des amis. Mais il en retient, avant destruction, quelques éléments, pour constituer ce livre qui est tout à la fois une sorte de reliquat de sa vie intime, sauvée de la destruction et un objet artistique en soi. C’est beaucoup plus qu’un journal intime, c’est une sorte de happening autobiographique, avec des histoires drôles, avec un témoignage assez exceptionnel sur la maladie de sa mère, avec une grande liberté de ton sur la sexualité d’une nouvelle génération."
 
Mon avis 

Je reçoit ce livre dimanche soir, en rentrant de week-end... Immédiatement, je me rue sur l'enveloppe pour découvrir ce livre. C'est une enveloppe kraft, un peu abimée par le voyage, et scotchée par l'expéditeur (l'auteur lui-même...). Le livre aussi a une petit corne, en bas à droite. Je l'ouvre et découvre une petite dédicace. Quelle délicieuse attention! Mon premier partenariat donne envie d'en faire d'autres!
Comme à mon habitude, je vais voir si le livre est dédié à quelqu'un... et j'explose de rire! Le livre est dédié à Mathieu Simonet!!! Se serait-il auto-dédié le livre? J'ai eu la réponse plus tard, au cours de la lecture...
Encore comme d'habitude, je zappe l'avant-propos (je le lirai à la fin). Et j'entame ma lecture...
Je suis partie, je dévore le texte, je ne m'arrête plus... Malheureusement pour moi, je suis fatiguée, et j'ai mal aux yeux (j'attends mes nouvelles lunettes...), alors je suis contrainte d'arrêter ma lecture. J'ai hâte de la reprendre. Ce livre est extraordinaire. Toute la nuit, je rêve de ces objets auxquels je tiens comme à la prunelle de mes yeux... Parviendrais-je un jour à m'en séparer, moi aussi?
J'aime le côté déstructuré, désorganisé, inclassable, hors-norme... L'écrit est vivant, simple (pas simpliste, ni facile...), réel, modeste, plaisant. Les sujets abordés m'ont beaucoup touchée (peut-être parce que cela m'a renvoyé à mon grand-père, mort d'un cancer quand j'avais 5 ans, ou à un ami au lycée, qui m'a "avoué" son homosexualité - et pourtant, qui a dit que c'était une faute? Non monsieur l'avocat, nous ne passerons pas aux aveux! Non mais! - ). Ils m'ont ramené à des réflexions personnelles sur mon vécu, et sur ce que j'envisage de vivre. En particulier, il y a le travail d'écriture, que j'envisage depuis longtemps. Mais avant, il me faut mon concours, de quoi vivre, car le monde de l'édition est impitoyable, et qu'il est peu probable d'être publié un jour (promis, je fais la fiesta si un jour j'y parviens!).
J'ai besoin de temps encore, pour que ce livre fasse son chemin. Non, je ne suis pas prête à m'en séparer encore... Je ne sais pas quand je le serai. Peut-être quand j'aurais mon concours, ou quand je me mettrais à écrire? Je ne sais pas... Pour l'instant, le livre se promène dans mon appartement. Je n'ai pas envie de le ranger dans les étagères, pas envie de le mettre de côté. Peut-être aurais-je l'élan de commencer à écrire sur les pages blanches? 

- Mise à jour, 3 ans plus tard -

Ca y est, j'ai eu mon concours... Ca fait bientôt 3 ans que j'enseigne, que je suis maîtresse, et j'adore mon métier, qui est plus pour moi une passion qu'un gagne-pain.
Non, je ne me suis pas encore séparée du livre - j'ai failli un jour, mais l'occasion n'était pas assez spéciale, et avouons-le, je n'étais pas encore prête.
Mathieu Simonet a publié un second livre, La maternité, que j'ai très envie de lire mais que je ne mes suis pas encore procurée.
En ce qui concerne mon projet d'écriture, le blog évolue et me donne encore plus envie d'écrire... Des rencontres également avec des auteurs, m'aident à définir mon projet. Mais plus j'y pense, et plus j'ai dans l'idée que l'écriture viendra d'elle-même, pour peu que j'y prenne du plaisir. Faut dire, mon tout nouveau métier est très chronophage, et l'écriture l'est aussi...
 
Remerciements:

Je remercie Blog-O-Book, qui m'a permis ce partenariat, ainsi que les éditions du Seuil.
Je remercie tout particulièrement l'auteur, qui a pris le temps d'écrire ce petit bijou, et de me l'envoyer... Je regrette de vivre si loin de Paris, sans quoi je me serais ruée voir les œuvres issues de ces précieux carnets. A défaut, je me suis promenée sur le site, pour y voir les photos, écouter les chansons, les films... Une lecture bien dans l'air du temps.
 
Quelques liens:


Les éditions du Seuil
Sur le site des carnets blancs, vous pouvez voir un reportage d'Arte présentant la démarche de l'auteur.
Disparition d'un carnet rouge à travers les mains d'une enfant qui grandit... 
Des carnets naviguent sur les flots...

Des carnets pour se marier sans s'ennuyer... Ok ok, je l'avoue, je ne veux pas me marier, mais j'adore la robe! Je veux la même! :D
Des carnets pour se défouler, pour transpercer en plein cœur... et faire de l'art.
 

mardi 5 mars 2013

L'enfant silence

Auteur: Cécile Roumiguière
Illustrateur: Benjamin Lacombe
Editeur: Seuil Jeunesse
Année: 2008
 
Hors liste de référence
Niveau selon moi: Cycle des approfondissements (comme toujours, tout dépend de l'exploitation qu'on en fait...)
Résumé:

L'enfant silence vit dans la maison des loups. Elle ne parle pas, et la maitresse s'inquiète. Mais elle ne peut pas parler...
 
Mon avis:

Un album poignant, tant par le texte que l'illustration. Tant de choses restent implicites.

vendredi 1 mars 2013

Les Amants Papillons

Auteur: Benjamin Lacombe
Editeur: Seuil jeunesse
Année: 2007
 
Hors liste de référence
Niveau selon moi: Cycle des approfondissements.


Résumé:

Naoko a tout juste 14ans au Japon. Son père l'envoie à Kyoto pour apprendre les bonnes manières, comme toute jeune fille respectable. Mais Naoko se travesti en homme car elle souhaite étudier la littérature, les mathématiques et les Haïkus avec les autres garçons. C'est ainsi qu'elle rencontre Kamo, 16 ans...
 
Mon avis:

Le récit commence lentement, de façon très attendue (ben oui, Mulan et Walt Disney sont passés par là...) et donc pas très passionnante. Cependant, des tabous sont abordés avec pudeur et habileté, notamment celui de l'homosexualité, puis l'histoire s'accélère, prend de l'épaisseur... On est en haleine, on s'indigne, on s'émerveille, on le vit. Ceci servi par de superbes illustrations, toutes en douceur et luminosité, ce qui ne gâche rien...

mercredi 27 février 2013

Quand mon chat était petit

Auteur - Illustrateur: Gilles Bachelet
Éditeur: Seuil Jeunesse et Crapule! Productions
Année: 2006
 
Hors liste de référence
Niveau selon moi: Cycle 3
 
Résumé:

Je ne résumerais pas ce livre impossible à résumer! Il faut le lire et puis c'est tout!!!
 
Mon avis:

De l'humour, de l'humour, et de l'humour... Comme l'a dit l'un de mes professeurs, il se moque de nous ou quoi? Il parle de qui? Un chat? Un éléphant? Un chat plutôt balourd? Un éléphant félin? Ou pousse-t-il tout simplement le vice jusqu'à s'amuser lui-même de notre désarroi face à toutes ces contradictions?
A découvrir absolument.
 
Quelques pistes...

Débat interprétatif incontournable, face à toutes ces illustrations contradictoires avec le texte. Comme quoi texte et image ne sont pas toujours redondants...
Travail sur l'humour, définition de l'ironie, écriture d'un texte court ironique...
Travail sur la relation texte/image dans l'album. Comparaison avec d'autres albums présentant également une double narration texte et images.

Pour le plaisir, un petit extrait...

Le Dé-mariage

Auteur / Illustratrice: Babette Cole
Editeur: Seuil jeunesse
Année:1997

Hors liste de référence
Niveau selon moi: A partir du Cycle des apprentissages fondamentaux


Résumé:

Les parents de Démitrius et Clara Lamoureux ne sont jamais d'accord sur rien. Dans la maison, ils ne supportent rien de ce que fait l'autre. Ils ont des goûts totalement opposés, et passent leur temps à se jouer de vilains tours pour se venger. Tant et si bien que Démitrius et Clara n'en peuvent plus. Ils proposent alors le Dé-Mariage. Tout le monde est d'accord, même les parents! (pour une fois qu'ils sont d'accord ces deux-là!). A leur retour de lune de miel chacun de son côté, les enfants ont fait construire 2 maisons séparées. Ainsi, les enfants sont enfin heureux, et ont même tout ce qu'ils aiment en double!!!
 
Mon avis:

A mourir de rire! On passe autant de temps à scruter les illustrations pour y trouver des indices que le texte... De plus, cet album touche à un sujet qui préoccupe beaucoup les enfants: le divorce, mais de manière tout à fait légère, ce qui peut aider à dédramatiser la situation. Vraiment, un incontournable dans une biliothèque pour enfants.


Quelques idées...

- Littérature: Travail sur l'humour en littérature bien sûr! (En réseau avec "Oukélé la télé" de Susie Morgenstern peut-être, ou "L'Ogresse Maîtresse d'école" de Gérard Moncomble, ou encore "La Laide au Bois Dormant" de Grégoire Solotareff et Nadja...)

mardi 26 février 2013

La Belle au bois dormant

Auteur: Tahar Ben Jelloun 
Illustratrice: Anne Buguet
Editeur: Seuil

Collection: Création Jeunesse
Année: 2004 

Cycle des approfondissements


Résumé:


La princesse Jawhara est condamnée à mort par une terrible sorcière car elle n'a pas été invitée pour la réception organisée en l'honneur de la naissance de l'enfant. Un objet pointu sera la cause de cette mort! Mais c'est sans compter sur le soutien des bonnes fées, qui lancent aussitôt des contre-sorts. Suite à la piqûre, la princesse dormira cent ans.
Jawhara est alors une jeune femme lorsque ce sortilège se réalise. Cela fait cent ans que la princesse dort d'un profond sommeil quand le prince Qaïss rêve de son arrivée au château de la belle, qu'il réveille d'un doux baiser. Convaincu que son rêve doit se réaliser, il part à sa recherche. A son réveil, la princesse se trouve transformée. Sa peau a noircit pour préserver sa douceur. Or, la noirceur n'est pas du goût de sa belle-mère.
Rejetté, le couple s'enfuit alors au "village des rêves réalisés", où naissent 2 jumeaux. La belle-mère veut qu'ils reviennent. Qaïss, qui croit en la bonne foi de sa mère, accepte. Mais celle-ci part en mer, et tente de tuer les deux enfants. Or, un pêcheur les sauve de la noyade, et la reine désemparée fait venir un ogre sanguinaire pour prélever le foie de la princesse. Face à la beauté de la jeune femme, l'ogre se ravise et ramène un coeur de porc empoisonné à la marâtre, qui le dévore.
Suite à la mort de sa mère, Qaïss est nommé roi, et Jawhara se voit proclamée reine, à la jeunesse éternelle.
 
Mon avis:

J'ai beaucoup aimé cette version du conte pourtant très connu, que Tahar Ben Jelloun s'est totalement réapproprié, pour y amener une dimension moralisatrice plus actuelle. Non seulement ce conte est bien écrit, mais en plus il nous fait voyager pour notre plus grand bonheur dans le  monde des contes et légendes du Moyen-Orient. La réflexion sur la différence, la couleur de peau et le rapport à l'esclavage prend toute son importance dans le conte, sans le dénaturer, et sans non plus entrer dans l'excès, préservant ainsi le plaisir et le bonheur de la lecture.