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lundi 25 mars 2013

Les carnets blancs

Auteur: Mathieu Simonet
Éditeur: Seuil
Année: 2010
 
Le petit blabla de l'éditeur:

"Il s’agit d’un projet littéraire très singulier : l’auteur tient depuis son enfance des carnets intimes, où il raconte ses relations familiales et sentimentales. Ses carnets, il les détruit, de diverses manières, en les donnant à des artistes pour qu’ils en fassent des sculptures, à des vidéastes, à des cuisiniers, à des amis. Mais il en retient, avant destruction, quelques éléments, pour constituer ce livre qui est tout à la fois une sorte de reliquat de sa vie intime, sauvée de la destruction et un objet artistique en soi. C’est beaucoup plus qu’un journal intime, c’est une sorte de happening autobiographique, avec des histoires drôles, avec un témoignage assez exceptionnel sur la maladie de sa mère, avec une grande liberté de ton sur la sexualité d’une nouvelle génération."
 
Mon avis 

Je reçoit ce livre dimanche soir, en rentrant de week-end... Immédiatement, je me rue sur l'enveloppe pour découvrir ce livre. C'est une enveloppe kraft, un peu abimée par le voyage, et scotchée par l'expéditeur (l'auteur lui-même...). Le livre aussi a une petit corne, en bas à droite. Je l'ouvre et découvre une petite dédicace. Quelle délicieuse attention! Mon premier partenariat donne envie d'en faire d'autres!
Comme à mon habitude, je vais voir si le livre est dédié à quelqu'un... et j'explose de rire! Le livre est dédié à Mathieu Simonet!!! Se serait-il auto-dédié le livre? J'ai eu la réponse plus tard, au cours de la lecture...
Encore comme d'habitude, je zappe l'avant-propos (je le lirai à la fin). Et j'entame ma lecture...
Je suis partie, je dévore le texte, je ne m'arrête plus... Malheureusement pour moi, je suis fatiguée, et j'ai mal aux yeux (j'attends mes nouvelles lunettes...), alors je suis contrainte d'arrêter ma lecture. J'ai hâte de la reprendre. Ce livre est extraordinaire. Toute la nuit, je rêve de ces objets auxquels je tiens comme à la prunelle de mes yeux... Parviendrais-je un jour à m'en séparer, moi aussi?
J'aime le côté déstructuré, désorganisé, inclassable, hors-norme... L'écrit est vivant, simple (pas simpliste, ni facile...), réel, modeste, plaisant. Les sujets abordés m'ont beaucoup touchée (peut-être parce que cela m'a renvoyé à mon grand-père, mort d'un cancer quand j'avais 5 ans, ou à un ami au lycée, qui m'a "avoué" son homosexualité - et pourtant, qui a dit que c'était une faute? Non monsieur l'avocat, nous ne passerons pas aux aveux! Non mais! - ). Ils m'ont ramené à des réflexions personnelles sur mon vécu, et sur ce que j'envisage de vivre. En particulier, il y a le travail d'écriture, que j'envisage depuis longtemps. Mais avant, il me faut mon concours, de quoi vivre, car le monde de l'édition est impitoyable, et qu'il est peu probable d'être publié un jour (promis, je fais la fiesta si un jour j'y parviens!).
J'ai besoin de temps encore, pour que ce livre fasse son chemin. Non, je ne suis pas prête à m'en séparer encore... Je ne sais pas quand je le serai. Peut-être quand j'aurais mon concours, ou quand je me mettrais à écrire? Je ne sais pas... Pour l'instant, le livre se promène dans mon appartement. Je n'ai pas envie de le ranger dans les étagères, pas envie de le mettre de côté. Peut-être aurais-je l'élan de commencer à écrire sur les pages blanches? 

- Mise à jour, 3 ans plus tard -

Ca y est, j'ai eu mon concours... Ca fait bientôt 3 ans que j'enseigne, que je suis maîtresse, et j'adore mon métier, qui est plus pour moi une passion qu'un gagne-pain.
Non, je ne me suis pas encore séparée du livre - j'ai failli un jour, mais l'occasion n'était pas assez spéciale, et avouons-le, je n'étais pas encore prête.
Mathieu Simonet a publié un second livre, La maternité, que j'ai très envie de lire mais que je ne mes suis pas encore procurée.
En ce qui concerne mon projet d'écriture, le blog évolue et me donne encore plus envie d'écrire... Des rencontres également avec des auteurs, m'aident à définir mon projet. Mais plus j'y pense, et plus j'ai dans l'idée que l'écriture viendra d'elle-même, pour peu que j'y prenne du plaisir. Faut dire, mon tout nouveau métier est très chronophage, et l'écriture l'est aussi...
 
Remerciements:

Je remercie Blog-O-Book, qui m'a permis ce partenariat, ainsi que les éditions du Seuil.
Je remercie tout particulièrement l'auteur, qui a pris le temps d'écrire ce petit bijou, et de me l'envoyer... Je regrette de vivre si loin de Paris, sans quoi je me serais ruée voir les œuvres issues de ces précieux carnets. A défaut, je me suis promenée sur le site, pour y voir les photos, écouter les chansons, les films... Une lecture bien dans l'air du temps.
 
Quelques liens:


Les éditions du Seuil
Sur le site des carnets blancs, vous pouvez voir un reportage d'Arte présentant la démarche de l'auteur.
Disparition d'un carnet rouge à travers les mains d'une enfant qui grandit... 
Des carnets naviguent sur les flots...

Des carnets pour se marier sans s'ennuyer... Ok ok, je l'avoue, je ne veux pas me marier, mais j'adore la robe! Je veux la même! :D
Des carnets pour se défouler, pour transpercer en plein cœur... et faire de l'art.
 

dimanche 24 mars 2013

Moi j'attends...

Auteur: Davide Cali
Illustrateur: Serge Bloch
Éditeur: Sarbacane
Année: 2005
 
Hors liste de référence
Niveau selon moi: A partir de la fin du Cycle 2


Résumé:

Un fil rouge, le fil de la vie d'un petit garçon qui, jusqu'à devenir grand-père attend...


Mon avis:

J'ai d'abord été attirée par le format de l'album, tout en largeur (peut-on appeler cela encore "format à l'italienne"?) qui représente une lettre... Les expéditeurs sont l'auteur et l'illustrateur, et le destinataire un petit garçon crayonné qui tient son fil rouge.
On parle ici de la vie, des épreuves marquantes d'une vie, tout en simplicité, avec des mots, avec des dessins presque esquissés, et en photo, ce fil rouge qui prend toutes les formes, toutes les attitudes possibles et imaginables pour raconter.
J'ai adoré. C'est simple, touchant, représentatif. De plus, comme l'avait dit mon enseignante l'année dernière à propose du Gentil Facteur ou lettres à des gens célèbres de Allan et Janet Ahlberg, on a également presque un plaisir malsain à regarder dans le courrier des gens, dans la vie des autres. A une époque où les émissions de télé-réalité pullulent, je crois que l'album prend tout son sens. Finalement, a-t-on raison d'ouvrir ce livre qui nous attire tant? (cela pourrait être l'objet d'un débat interprétatif, où chacun pourrait s'exprimer librement sur l'œuvre et ses propres pensées...)
 
Des pistes pédagogiques?


  • Le débat interprétatif...
 
Cf plus haut.
 
  • Production d'écrit:
 
Réécrire l'histoire, en incluant des informations données dans le texte ET dans les illustrations. On n'est pas obligé d'écrire un texte exhaustif, on peut choisir un passage... Cependant, ce travail d'écriture devra être préparé en amont pour entrer dans la symbolique du fil rouge, de son rôle, de ce qu'il raconte...
 
Pour aller plus loin:


A propos de Davide Cali.
A propos de Serge Bloch.

mercredi 13 mars 2013

La vie a des hauts et des bas.

Auteur: Carlo Padial
Illustratrice: Mariona Cabassa
Traduit de l'espagnol par: Mireia Porta Arnau
Éditeur: Éditions du Rouergue
Année: 2004

Hors liste de référence

Niveau selon moi: Cycle des approfondissements


Résumé:

"Ma famille et moi on a cherché en vain un appartement pendant plus de dix ans...".
 
Mon avis:

C'est une chose toute simple, dans la vie, il y a des hauts et des bas... Et puis finalement, c'est pas comme si on habitait vraiment un ascenseur? On monte, on descend... On croit descendre et puis finalement on est en haut... Et puis c'est pas si terrible, quand on est ensembles, en famille!!!

Un vrai petit délice pour aborder l'angoisse du lendemain. Combien d'enfants autour de nous vivent dans la misère, dans un trou à rats insalubre, et encore on veut les expulser!!! Et puis, on y retrouve une ambiance très espagnole, beaucoup de vie, de gens, une situation sociale difficile, plein de couleurs, beaucoup de chaleur...
Pour notre plus grand plaisir, l'auteur prend le parti-prix de la métaphore de l’ascenseur pour représenter la vie... Et si finalement, on vivait dans un ascenseur? Serait-ce pire que rien du tout? Et comment réagirait le voisinage?
Des illustrations faites de collages, montages, surmontages, démontages... Un univers complètement barjo qui me ravi!!! A lire, relire, à tourner, retourner, contourner et détourner. Enfin, régalez-vous quoi!!!
 
Des pistes pédagogiques:


  • Espagnol:
 
Ben oui, forcément, je ne pouvais pas passer à côté! A quoi ressemblent les villes en Espagne? Comment vit-on? Est-ce facile de s'y loger? Tout plein de questions qui méritent d'être éclaircies pour mieux apprécier cette œuvre dans son contexte d'écriture. De plus, si on est attentif, des mots espagnols apparaissent par-ci par-là... Il serait donc intéressant de savoir ce qu'ils signifient. Je n'ai pas eu la version originale en main, mais pourquoi pas travailler avec un exemplaire en espagnol de l'album en classe?
 
  • Arts visuels:
 
Très riche, un travail sur les lectures d'images semble indispensable. Les symboliques sont nombreuses: le narrateur avec un chapeau de chat sur la tête, sa mère un chapeau en forme de crête de poule, le père une cravate en poisson... Un texte qui se promène sur les images et qui donne un sens tout particulier (souvent cela indique qui parle, ou comment, cela peut transcrire le brouhaha. Je dirais qu'on est presque à la frontière de la BD. (peut-être serait-il intéressant de réécrire le texte à côté, sans les illustrations, pour voir la différence entre les deux perceptions?)
Et puis les flèches sont partout, dans tous les sens. Pourquoi ces flèches? En haut, en bas, sur les côtés...
 
  • Lecture:
 
Travail autour de la métaphore. Ben oui, comment peut-on vivre dans un ascenseur, concrètement? Une incohérence semble apparaître. Alors, pourquoi ne pas aborder les figures de style qui permettent finalement de donner un sens cohérent à un texte qui joue des incohérences? Et peut-être que le but est là... Vivre l'incohérence. Ne sommes-nous pas finalement aux bornes du surréalisme? Quelques poésies de Jean-Pierre Siméon sont par-là? Ou peut-être la Comptine des gens trop pressés de Carl Norac (extraite de Petits Poèmes pour passer le temps)